FAQ

Questions fréquemment posées

Qu’est-ce que le licenciement économique pour liquidation judiciaire ?

Quand une entreprise est mise en liquidation judiciaire à la suite d’une décision de justice, elle est amenée à se séparer de ses salariés. Cette liquidation déclenche une procédure de licenciement économique pour liquidation judiciaire.

Quelles sont les conséquences d’un licenciement économique pour le salarié ?

Dans le cadre d’une entreprise en liquidation judiciaire, chaque salarié bénéficie d’une garantie appelée couramment « super privilège ». Cette garantie vous permet de passer devant les autres créanciers tels que les fournisseurs et le Trésor Public.

Quel est le sort de vos salaires en cas de liquidation judiciaire ?

En tant que salarié d’une entreprise en liquidation judiciaire, vous devez demander l’inscription de vos créances au liquidateur. Cette étape est importante : elle permet de constituer les relevés de créances salariales qui vous seront payées. Concrètement, le paiement des créances salariales est assuré soit par l’entreprise si elle dispose des fonds nécessaires, soit par l’AGS (Association pour la Gestion du régime de Garantie des créances des Salariés). Les créances salariales sont présentées généralement à l’AGS dans les 10 jours qui suivent l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire.

Quelles sont les créances couvertes par les AGS ?

Les AGS couvrent l’ensemble des créances salariales :

1
Les rémunérations de toute nature dues aux salariés et apprentis de l’entreprise.
2
Les indemnités dues lors de la rupture du contrat de travail.
3
L’intéressement et la participation salariale.
4
Les indemnités allouées aux victimes d’accident du travail ou de maladie professionnelle.
5
Les indemnités liées au départ en retraite.

Attention : La garantie des salaires est plafonnée en fonction de l’ancienneté du contrat de travail au jour de la procédure collective.

Comment est mis en oeuvre le licenciement pour liquidation judiciaire ?

La procédure de licenciement pour liquidation judiciaire est rapide, mais doit respecter certaines règles pour être valable. Elle entre dans le cadre du licenciement pour motif économique à procédure simplifiée. Le tribunal en charge de la liquidation judiciaire désigne un juge-commissaire, un liquidateur judiciaire et un représentant des salariés.

Le liquidateur judiciaire agit à la place du gérant de l’entreprise et effectue toutes les démarches administratives pour procéder aux licenciements économiques en respectant 4 étapes :

1
Consulter les représentants du personnel avant les licenciements. Le procès-verbal de cette consultation doit être transmis à la DIRECCTE (Direction Régionale de Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi.
2
Remettre aux salariés les documents de fin de contrat : attestation de l’employeur, certificat de travail, solde de tout compte…
3
Inscrire les sommes dues aux salariés sur l’état des créances salariales : salaires, congés payés, préavis, indemnités…
4
Notifier le licenciement par lettres recommandées avec accusé de réception envoyées aux salariés. La liquidation judiciaire justifie à elle-seule un licenciement économique et suffit comme élément de motivation.

Il vous est conseillé de vous rapprocher au plus tôt du liquidateur afin de lui signaler toute situation particulière afin qu’elle soit prise en compte lors de la rupture de votre contrat de travail.

À savoir : si vous êtes licenciés dans le cadre d’un licenciement économique pour liquidation judiciaire, votre employeur doit obligatoirement vous proposer un contrat de sécurisation professionnelle (CSP).

Qu’est-ce qu’un CSP, Contrat de Sécurisation Professionnelle ?

Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) s’adresse à tous les salariés concernés par une procédure de licenciement économique. Son but est d’offrir aux salariés licenciés un ensemble de mesures favorisant un retour rapide à l’emploi. Le CSP doit être proposé par toute entreprise de moins de 1000 salariés ou si la procédure de licenciement économique est engagée pour cause de redressement ou liquidation judiciaire.

CSP : Quelles obligations pour l’employeur ?

L’employeur doit d’abord informer individuellement par écrit chaque salarié du contenu du contrat de sécurisation professionnelle et de la possibilité de pouvoir en bénéficier. Pour cela, il doit remettre à chaque salarié un document écrit au cours de l’entretien préalable de licenciement pour motif économique. A défaut, la remise s’effectue à l’issue de la dernière réunion des représentants du personnel, et le cas échéant après la décision de validation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Ce document doit indiquer :

1
La date de remise du document faisant courir un délai de réflexion.
2
Le délai de 21 jours qui vous est imparti pour donner votre réponse.
3
La date à partir de laquelle, en cas d’acceptation du CSP, votre contrat de travail est rompu.

Si vous acceptez le CSP, votre contrat de travail est rompu de fait après l’expiration d’un délai de 21 jours de réflexion.

Dans quelles conditions peut-on bénéficier du CSP ?

Le salarié doit d’abord justifier des conditions lui ouvrant droit au bénéfice de l’allocation de retour à l’emploie (ARE) plus communément appelée indemnité chômage. Pour bénéficier du CSP, les salariés doivent :

1
Justifier d’au moins 88 jours ou 610 heures travaillées au cours des 28 derniers mois (ou des 36 derniers mois pour les salariés âgés de 53 ans et plus pour pouvoir bénéficier de l’ARE ; ou disposer d’un reliquat de droit à l’ARE non déchu (c’est-à-dire avoir déjà eu un droit ouvert n’avoir pas consommé l’intégralité des allocations).
2
Ne pas avoir atteint l’âge permettant de bénéficier d’une retraite à taux plein.
3
Résider sur le territoire relevant du champ d’application du régime d’assurance chômage : métropole, Dom à l’exclusion de Mayotte, et collectivités d’outre-mer de Saint Pierre et Miquelon, Saint Barthélémy et Saint Martin).
4
Être physiquement apte à l’exercice d’un emploi. L’arrêt maladie, le congé de maternité ou encore la perception d’une pension d’invalidité ne font pas obstacle à l’adhésion au CSP. L’indemnisation est tout simplement décalée au terme de l’arrêt maladie ou du congé de maternité.
5
La perception d’une pension d’invalidité peut faire varier le montant de l’allocation (ASP).

Le salarié a le choix de pouvoir refuser ou bénéficier du CSP.

Choisir ou ne pas choisir le CSP : quelles conséquences pour le salarié ?

Choisir le CSP vous donne accès globalement, à une meilleure situation qu’un licenciement économique classique. En effet, durant une période de 12 mois, vous bénéficiez d’un suivi personnalisé par un conseiller référent de France Travail.
La rupture de contrat n’est pas considérée comme un licenciement mais comme un commun accord. Vous aurez donc le statut non pas de chômeur mais de stagiaire en formation professionnelle.
Vos allocations sont alors majorées, par rapport à un licenciement économique classique.

Quel est le montant de votre indemnisation ?

Pour les salariés justifiant d’un an d’ancienneté ou plus dans l’entreprise : le montant de l’allocation de sécurisation professionnelle (ASP) représente 75% du salaire journalier de référence (soit l’équivalent du salaire net). L’ASP ne peut pas être inférieure au montant de l’ARE que le bénéficiaire aurait perçu s’il n’avait pas adhéré au CSP.

Elle est versée pendant 12 mois maximum. Dans certains cas de reprise d’emploi, la durée du CSP peut être allongée de 3 mois supplémentaires maximum (15 mois en tout de date à date). Lorsque le CSP peut être prolongé, l’ASP continue à être versée, dans la limite du terme du dispositif.

Pour les salariés ne justifiant pas d’un an d’ancienneté dans l’entreprise : le CSP ouvre droit au bénéficie d’une allocation de sécurisation professionnelle dont le montant et la durée correspondent à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). L’allocation de sécurisation professionnelle est versée dès le début du CSP, aucun différé ni délai d’attente ne s’applique.